L’arabesque

Thème n°29 : L'arabesque

Dans sa forme la plus élémentaire, voici ce qu’est une arabesque :
Son origine est comme son nom l’indique arabe, et sa forme est résolument courbe. Elle s’est complexifiée à l’infini pour représenter des décors ornementaux variés et magnifiques.
Elle est courbe, donc : et dans notre langage à nous, sa courbe est formée par la colonne vertébrale qui se poursuit par la jambe levée à 90°, (ou au-delà !)

Pardon Monsieur Degas, mais ça ne va pas du tout, où est-elle notre ligne courbe ?

Nous trouvons ici, à des degrés divers, la courbe harmonieuse que

doivent former la colonne et la jambe levée.

C’est donc bien une histoire de dos !! Et non juste de lever la jambe.

D’abord il faut (encore une fois !) placer son bassin. Faire comprendre à l’élève que pointer derrière, c’est très difficile : parce qu’il ne faut pas basculer le bassin du tout. Là ça travaille à mort dans la fesse ! Et jusqu’à 45° ni le bassin ni le dos ne basculent. Grimper très fort sur la jambe de terre, comme si celle-ci s’arrêtait à la taille et non à l’aine. Normalement on doit voir perler les gouttes de sueur, ça vaut un marathon !!

Et donc, contrairement à notre modèle pourtant bien fatigué, nous gardons le dos résolument droit. Quant au bassin, ce n’est qu’au-delà de 45° qu’il pourra progressivement basculer, selon la hauteur de la jambe.

C’est pourquoi j’ai du mal avec la formule : « arabesque penchée », parce qu’elle évoque le fait de se « pencher », ce qu’on fait généralement avec le buste. Alors que c’est bien le BASSIN qui se penche !

Le thorax, lui, a la possibilité de s’avancer, du moment que le dos ne « lâche pas », afin d’éviter un pincement de la colonne. Tout cela se fait toujours avec un étirement maximum.

Quelle que soit la hauteur de la jambe, la position est la même, la courbure du dos ne varie pas. C’est pourquoi l’arabesque « penchée » ne modifie en aucun cas la position, celle-ci change simplement de plan.

 

 

Et s’il n’y avait que cela… Se pose aussi le problème de notre « rectangle » qui est délimité par nos épaules et nos os iliaques, et qu’il faut absolument maintenir au maximum. En aucun cas on ne doit se coucher d’un côté pour mieux lever la jambe. Bref, c’est tout simplement le PLACEMENT.

Pour travailler ce placement, le mieux est face à la barre, et avec les bras en couronne lorsqu’on lâche.

Et en barre au sol, à plat-ventre.

Du placement dépend la beauté de la ligne d’arabesque. Bien sûr que c’est difficile mais tout un chacun peut travailler à s’en approcher, avec le maximum de justesse. Au moins avoir la notion de comment cela doit être !

Mais par pitié, évitons de faire lever les jambes n’importe comment, sous prétexte que les bêtes à concours ont les pattes aux oreilles, parce-que de toute façon si c’est mal fait, ça ne passera pas ! Aux juges aussi, que ça impressionne (on se demande pourquoi ?…) de préférer l’esthétique à l’acrobatie, de comprendre que ces jeunes sont des ELEVES, non des professionnels miniatures, et qu’à ces âges, et pour leur avenir, c’est le placement de leur corps qui compte et qui devrait être récompensé ! Aux professeurs de ne pas entrer dans cette course à la performance, tout cela pour faire la chasse aux prix bien illusoires. Oui, je sais ! Il faut aussi savoir l’expliquer aux parents !!!

Quant à la méthode, elle est toujours la même, OBSERVER attentivement, CHOISIR l’ESSENTIEL à corriger, le faire EXPERIMENTER, S’ASSURER que l’élève SENT lorsqu’il est juste, ne pas « lâcher le morceau » trop vite…

S’il y a quelque chose que l’on apprend quand on pratique la danse classique, c’est la PATIENCE. Donc la PERSEVERANCE. Sans cela, on n’y arrivera pas.

Bien sûr ce que je vous dépeins là, c’est ce que je fais avec des élèves qui travaillent au moins quatre fois par semaine. Il n’empêche. A chaque professeur d’adapter son enseignement à ce qui lui est possible, sans jamais perdre de vue l’idéal. Parce-que comme je le disais précédemment on a tendance à s’habituer, et à laisser passer.

Arrêtez-vous suffisamment sur le placement du battement tendu en quatrième derrière. Car tout part de là. Il faut faire comprendre à l’élève à quel point c’est difficile de bien le faire et toute l’attention que cela requiert.

D’une manière générale, il est indispensable d’éveiller la conscience aigüe de ce qui se passe DERRIERE SOI.

Les élèves sont dans le frontal, ne corrigent que ce qu’ils voient dans le miroir, pourtant c’est l’arrière qu’il faut sentir et contrôler : ce qu’on ne voit pas !

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