LES CORRECTIONS

Thème n°27 : LES CORRECTIONS

J’ai souvent vu des professeurs donner de très bons cours, avec de beaux exercices, de très bonnes corrections, « rien à dire » … comme on dit !
Mais les élèves… vraiment pas terribles, avec plein de défauts.
Mais alors ???...

Déjà, il faut savoir que toutes les corrections données APRES l’exercice, avant de passer au
suivant, ne servent strictement à RIEN ! Inutile de se fatiguer !
Elles s’effacent aussitôt prononcées. Et au cours suivant les élèves reviennent tels qu’ils
étaient auparavant.
Ou alors, il faut refaire l’exercice une seconde fois, voire une troisième…
L’idéal est de donner les corrections (qui sont fonction de ce que le professeur a DECIDE
d’obtenir), au moment de présenter l’exercice, et de les travailler AVANT, afin de vérifier que
les élèves ont bien compris dans leur corps ce que l’on attend, et ENSUITE, faire l’exercice.
J’insiste sur la notion de comprendre DANS SON CORPS, car souvent on a très bien compris
intellectuellement, mais sans être capable de le faire pour autant. Il faut avoir SENTI,
expérimenté, et répété, la différence entre ce que l’on fait et ce qu’il faut faire.

Et attention aux « corrections tous azimuts ». Ce que j’appelle du raccommodage, juste en
fonction de tout ce qu’on a vu qui n’allait pas !
Et comme « trop d’information tue l’information » …
Si le professeur n’a pas CHOISI auparavant ce qu’il veut travailler et corriger, il va passer d’un
élément à l’autre, et n’en fixer aucun.

Une fois que l’on sait ce que l’on veut travailler, et obtenir, il faut axer l’essentiel de ses
corrections sur cela, dans chaque exercice, et laisser provisoirement de côté le reste. Et ce
durant le nombre nécessaire de cours, jusqu’à ce que le résultat soit (plus ou moins…
obtenu). Et bien-sûr il faudra y revenir, car rien n’est jamais acquis définitivement, surtout sur
les enfants dont le corps évolue et change sans arrêt.
On aura bien le droit de corriger d’autres choses bien sûr, mais il faut avoir un objectif
dominant. Cela peut être

  1.  Effacer la cambrure
  2. Garder l’en-dehors pendant le mouvement
  3. Préciser le regard
  4. L’en-dehors du bas de jambe
  5. La force du pied
  6. Aller au bout »
  7. La prédominance du haut du corps sur les jambes…

Par exemple, et tant d’autres choses, selon ce qui nous semble le plus important pour l’instant.

Vous allez me dire que ça peut être différent pour chaque élève. Mais je pense qu’ils ont souvent tous les mêmes défauts, en tout cas ce qui est bon pour l’un ne peut pas être mauvais pour l’autre.

Je peux choisir mon orientation de travail en fonction d’un seul élève, dont il faut absolument corriger une mauvaise habitude, mais toute la classe en bénéficiera.

ET, ce n’est même pas la panacée, par-dessus le marché !

Ah si nos élèves faisaient tout ce qu’on leur dit, ils seraient tous danseurs étoiles ! Raison de plus pour insister.

Il paraît que les élèves assimilent à peu près 5% des informations qui leur sont données. Je
ne sais plus d’où je tiens cela, mais ça fait peur ! Allez, courage !

Je dis à mes élèves que tout ce qui, en danse classique leur semble facile… est simplement mal fait. Et que tout ce que le corps a envie de faire spontanément sera forcément faux !
C’est valable aussi pour nous : si vous trouvez que donner un cours de danse c’est facile…


Je vous rappelle encore et encore cette phrase, que je tiens de Monsieur Daniel Franck, et qui ne me quitte jamais, paix à l’âme de ce très dur mais excellent professeur :
Tous les professeurs savent dire ce qu’il faut faire, mais l’important est que l’élève LE FASSE !

Pour ma prochaine parution, j’ai bien envie de vous faire partager mes « phrases fétiches »,
celles que j’ai sans cesse à l’esprit pour me rappeler la direction à prendre.

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